théâtre
Les enfants de Jéhovah
mardi-samedi: 19h30
dimanche: 18h30
Fabrice Murgia s'attaque au sujet de la dérive sectaire. Inspiré par une lointaine histoire familiale, le jeune metteur en scène tente de comprendre dans « Les enfants de Jéhovah » la mécanique et les effets de l'endoctrinement chez les Témoins. Pas une « secte » à proprement parler mais une communauté qui fait peser un lourd carcan de fin du monde sur ses membres. Cette nouvelle création s'articule autour du témoignage d'une femme, s'adressant par vidéo à son frère pour le convaincre de rejoindre les Témoins - qu'il a quittés - et sauver son âme. Parallèlement s'installe, dans un autre espace scénique, une narration plus mentale, psychologique, fantasmagorique, où le fantôme d'une mère disparue continue à souffler son influence à l'oreille de cette femme. Comme d'habitude, Fabrice Murgia ne cherche pas à disséquer et tout expliquer : il se sert de son sujet pour poursuivre son questionnement sur la jeunesse d'aujourd'hui. « Les Témoins sont une sorte de couverture pour parler de ces moments de fragilité où un être est tout à coup en prise avec de nouveaux terrains de folie et cherche à se rassurer, explique-t-il. Les Témoins de Jehovah pensent que notre génération connaîtra l'apocalypse et qu'ils en seront sauvés. C'est intéressant à mettre en relief pour voir comment un être fragilisé peut percevoir tous les événements du monde comme une punition. »
Rencontre avec l'équipe artistique le 16 mai à l'issue de la représentation.
Séance
mardi-samedi: 20h00
dimanche: 18h00
Dans l’arrière-salle d’un bistrot, un homme révise son discours. Il se prépare pour l’assemblée annuelle des « Joyeux Contemporains ». Mais le temps passe et aucun de ses camarades ne le rejoint : seule la sommelière vient troubler sa solitude.
Ce texte de Michel Viala est un petit bijou de verve caustique. Certains traits de notre société, de notre réalité helvétique en particulier, y sont saisis avec une éloquence mâtinée de finesse. Ce n’est pas pour rien que Maurice Aufair, qui a créé le rôle de Monsieur Schmidt en 1974, revient régulièrement à cette œuvre : elle lui donne l’occasion d’exercer son humour pince-sans-rire, art dans lequel il est passé maître. Le comédien a aujourd’hui l’âge de son personnage. Ses complices pour ce spectacle, l’actrice Sabrina Martin et le metteur en scène Attilio Sandro Palese, vont y apporter la flamme des regards neufs.
Le Poche Genève
Invisibles
ma-jeu et samedi: 20h30
vendredi: 19h00
dimanche: 17h00
Ils sont venus de leur Maghreb natal au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont couru leur chance seuls, sans leur famille. Ils ont travaillé leur vie durant, souvent dans des conditions indignes. Leur salaire, ils l’envoyaient au pays, ce pays où secrètement ils espéraient retourner un jour. Mais à l’heure de la retraite, sans plus de racines, beaucoup ne sont pas rentrés. Et dans la société pour laquelle ils ont œuvré, et qui ne les a jamais vraiment reconnus, ils sont devenus des « invisibles »…
Partant du destin des « chibanis » (« cheveux blancs » en arabe), Nasser Djemaï a écrit une pièce d’une profonde humanité. Il a choisi de la mettre lui-même en scène, réunissant pour l’occasion une distribution en rare harmonie avec son projet. Le résultat ? Un moment pétri de sensibilité, de dignité et de lumière intérieure pour parler de quelques oubliés de la prospérité.
Rencontre avec l'équipe artistique le 2 mai à l'issue de la représentation.
MC2 : Grenoble
Histoire du soldat
ma-jeudi: 19h00
vendredi: 20h30
samedi 18.02: 15h00 et 19h00
dimanche: 17h30
« Entre Denges et Denezy… » Le premier vers du texte de Ramuz tambourine dans la mémoire de tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont vu, lu ou entendu Histoire du soldat. Créé en 1918 à Lausanne, ce fruit de la belle complicité avec Igor Stravinsky est farouchement ancré en terre vaudoise, mais son inspiration est russe : un conte populaire aux allures faustiennes, où il est question d’un soldat qui rentre chez lui, de son violon, et d’un marché avec le diable… Alerte, unique en son genre, la musique de Stravinsky a élevé l’œuvre au rang des joyaux du théâtre musical. On ne compte plus les reprises, les relectures et les nouvelles mises en scène ! Celle proposée à Vidy est aussi née d’une rencontre entre deux artistes : Roland Auzet, musicien et inventeur de gestes scéniques, et Thomas Fersen, qui dans le monde de la chanson trace un parcours de poète. La partition sera interprétée par l’Ensemble Instrumental de la Haute Ecole de Musique de Lausanne (HEMU).
Article 24 heures
Article L'Hebdo
Article La Liberté
Critique Dare-dare
Théâtre de la Renaissance (Oullins – Grand Lyon)
Ô mon pays!
(C.D.I – Sandrine, la destinée d’une trieuse de verre
C.D.D. – Chacal, l’autoroute doit être ininterrompue)
Diptyque de la compagnie Pôle Nord
SPECTACLE ANNULÉ
Deux figures, deux destinées si touchantes et justes : voilà ce qui compose Ô mon pays !, le diptyque de la Compagnie Pôle Nord. C’est une femme et un homme, des gens qui font leur boulot, des humbles, des « quelconques », même si, on le sait bien, personne n’est quelconque.
Sandrine est trieuse de verre. Elle vit seule et recluse, appelle souvent sa mère. Quand elle n’a rien à faire, elle reste assise dans sa cuisine. Mais elle porte tout un monde en elle. De son côté, Chacal zone d’un chantier à l’autre, sans savoir au juste ce qu’il fait. Sa femme, qu’il appelle parfois, attend un enfant. Il sera donc bientôt père.
Ces deux paroles, tissées de vérité, drôles parfois, sont prises en charge par Lise Maussion et Damien Mongin. Ils ont choisi de ne pas donner dans le théâtre documentaire et semblent toucher le cœur de l’humain, avec une pudeur et une justesse rares.
KKQQ
par la 2b company
ma-jeu et samedi: 20h30
vendredi: 19h00
dimanche: 17h00
Alors là, attention, ça déménage ! KKQQ est une création de la 2b company qui montre trois interprètes dans des cabines vitrées et insonorisées. Ils ont tous un ordinateur portable et se retrouvent face à une webcam. En fait, ils commencent à œuvrer quarante-cinq minutes avant le début de la représentation. Mais que font-ils ? Ils enregistrent des mots, des gestes, des actions, chacun dans son coin, chacun à son rythme ! Ensuite se met en place tout un micmac technologique, avec WiFi et ordinateur central, qui permet de compresser la matière accumulée en trois films de quarante-cinq minutes, projetés simultanément sur des écrans au-dessus de la cabine. C’est assez étourdissant du point de vue de la conception et de la réalisation, mais surtout d’une drôlerie à se tordre les côtes. Au final, quand on a fini de rire et de s’étonner, on comprend aussi qu’on vient de nous raconter quelque chose sur l’absurdité d’un quotidien submergé par les moyens de communication. Un peu comme si l’on était à une même table, au restaurant, et que l’on se parlait par téléphone…
Résumons-nous
d’après Chroniques de La Montagne d’Alexandre Vialatte
mardi-samedi: 19h30
dimanche: 18h30
Alexandre Vialatte fait partie de ces quelques écrivains qui, s’ils ne sont pas forcément au panthéon du grand public, sont entourés d’un cercle de fervents lecteurs : des « aficionados » qui ne jurent que par lui. Son truc à lui, c’était la chronique, qu’il livrait semaine après semaine à plusieurs journaux. Il excellait comme personne dans le génie de parler de tout et de rien. « C’est en présence de l’éléphant que l’homme sent vraiment qu’il n’a pas de trompe et pas de défenses. » Des perles de cette nature, ses textes en sont constellés ! En fouineur des bibliothèques, en amateur de défis fous, Charles Tordjman (on se souvient à Vidy par exemple d’Eloge de la faiblesse ou de La Fabbrica) a décidé de faire entendre cette parole sur scène. Pour le faire, il a réuni un trio d’acteurs d’exception. Ensemble, ils témoigneront de cette réalité que Vialatte assénait volontiers à la fin d’une chronique : « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ! »
Compagnie Fabbrica
Les 3 Parques m’attendent dans le parking
mardi-samedi: 20h00
dimanche: 18h00
« Rêve, Evénement, Souvenir… » Pour Jacques Rebotier, nouveau venu dans l’Arche de Noé de Vidy, ce sont là les trois piliers de la pensée. Il les résume par le sigle R.E.S. et leur consacre une trilogie dont Les 3 Parques m’attendent dans le parking forme le deuxième volet. Ce sont trois femmes évidemment, qui évoquent ces triades féminines qui hantent toutes les mythologies : elles font naître le fil de la vie et le coupent. Elles sont aussi le symbole du passé, du présent et de l’avenir, les trois strates de la réalité. Ces dimensions fascinent Jacques Rebotier, fou furieux de l’invention verbale qui transpose sur scène, de façon aussi joyeuse que parfois dérangeante, des univers qu’il sculpte à grands coups de verbe. Un monde à découvrir, « dans l’étrangeté familière de la rumeur des choses »
Vivre dans le feu
d’après Marina Tsvetaeva
mardi-samedi: 19h30
dimanche: 18h30
Supplémentaires les mardi 21, mercredi 22 et jeudi 23 février.
C’est la rencontre dans le présent de deux femmes de feu. La première vient du passé. Elle s’appelle Marina Tsvetaeva. Prise dans les tourmentes de l’Histoire et de la vie amoureuse, la poétesse russe s’est sans cesse frottée à la démesure et à la passion. Elle nous a laissé une œuvre d’une force rare, qui joue sur le rythme et les sons, pour dire un furieux appétit de vivre.
La deuxième, Anne Conti, est de celles qui, aujourd’hui, portent la flamme sur scène. Par le jeu, par le chant, par le corps, elle a choisi de redonner vie à la figure de Marina Tsvetaeva, évoquant sa vie mouvementée, ses ivresses et ses désillusions au travers d’un montage de textes, aussi bien des poèmes que des extraits de correspondance. Ou quand le verbe se fait chair pour dire, dans le cri et la beauté, un rêve de liberté.
Anne Conti et les musiciens Remy Chatton et Vincent Le Noan invités de "Devine qui vient dîner" sur La 1ère
Belkheïr ou une carte ne vous sauve pas la vie pour rien
Idée originale et interprétation : Belkheïr Djénane
mardi-samedi : 20h00
dimanche : 18h00
Il y a eu le « nouveau cirque » (que de merveilles…), voici maintenant la « magie nouvelle » ! C’est tout un courant qui, utilisant des techniques traditionnelles, développe une dimension spectaculaire. Ainsi les illusionnistes, prestidigitateurs et autres faiseurs de tours partent-ils à la conquête des théâtres ! Dans ce peuple haut en couleur, Bébel le magicien est un maître discret, plein d’humour et de sagesse, qui voue son art aux cartes. Il sait les faire disparaître et apparaître à l’envi. Il sait les faire parler, fouiller leur histoire secrète :
Les cartes m’ont révélé des choses depuis le commencement du monde, une certaine philosophie de la vie, la raison de certaines croyances, la mystique et les fondements de l’existence.
Un moment rare, inattendu, qui bouleverse notre perception du réel et frappe aux portes du mystère.