Lettre au père
Un fils de 36 ans adresse une longue missive à son père. Il veut faire le point, essayer de comprendre, alors qu’il songe lui-même à se marier. Il veut défaire les nœuds qui restent de son enfance. Forcément, les phrases sont fortes, chargées d’émotion. Et comme l’auteur de ces lignes s’appelle Franz Kafka, elles sont aussi impitoyablement lucides, parfois ironiques, avec la densité des trous noirs qui se forment dans l’espace. Cette lettre, qui est une sorte de grand manifeste sur les questions de l’existence, le père ne la lira jamais. Le cours des choses en aurait-il été changé ? Pour interpréter une matière aussi riche, la faire exister aujourd’hui au théâtre, il fallait deux chercheurs d’or artistique, de ceux qui labourent les terres vierges et jouent les funambules entre les astres : Jean-Quentin Châtelain et Jean-Yves Ruf.
