Le Vidyblog
Pour un étudiant, le mot Ramuz engendre une vague presque automatique d'incompréhension et de refus. Pourtant, à travers la pièce Histoire du soldat, pièce maintes fois interprétée, on aborde un texte magnifique et ici, au théâtre de vidy, revisité et modernisé... Un fort accent est mis sur le jeu de lumières qui rythme la musique, le texte et la pièce dans son ensemble mais malheureusement, durant la deuxième partie, le "too much" a tendance, à mon avis, à prendre le dessus. Néanmoins, pendant toute la partie avant le changement de décor, les lumières ont eu sur moi leurs effets escomptés, elles retirent le texte de son contexte historique, lui donnant un aspect des plus modernes qui plaît ou non. Le contraste qui apparaît également entre la musique et ces mêmes jeux de lumière, permet de créer une ambiance troublante presque magique à cette histoire qui ne contient rien de tel! Etant née, comme qui dirait, de la dernière pluie, j'ai découvert ce classique vaudois avec beaucoup d'intérêt et admire la performance à tous les niveaux de la création.
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Du 16 février au 20 mai 2012 En écho à l’exposition « Derrière le rideau – L’Esthétique Photomaton » Au Musée de l’Elysée, Lausanne Une cabine Photomaton sera disponible dans le hall du théâtre. Les visiteurs du musée, le public du théâtre, les artistes, les photographes et les equipes artistiques sont invités à réaliser leur propres images, (se mettre en scène ?) Chacun pourra contribuer à créer l’expositon en accrochant les bandes, en les partageant sur les pages facebook du musée et du théâtre, dans leurs blogs… http://www.elysee.ch/

"Nous avons été subjugué par le talent de Laurence Vielle et la qualité de la mise en scène.
Cette pièce a mis en évidence sa présence scénique, son côté "pluridisciplinaire" (au niveau artistique) tout en nous apprenant des choses qu'on ne nous apprend pas à l'école en Belgique!
La musique, le texte, l'image, le ressenti, le multimedia, tout y était pour captiver une audience qui sembla très satisfaite à y entendre le tonnerre d' applaudissements!
Je trouve qu'une fois de plus, Vidy se démarque admirablement en soutenant des acteurs de talents, des créations de ce type et en ouvrant les yeux, les oreilles du public vers un théatre plus contemporrain et tellement de notre temps! Chapeau Vidy!
Cette soirée nous a redonné l'envie d'aller au théâtre."
Valérie
Une scène noire, un DJ arrange des bruits de foule, des nappes, de la musique symphonique. Des tiges des balsa dessinent portes et fenêtres. La lumière vient, des personnages se mettent à danser, mais certains n'ont ni bras, ni tête, on met du temps à s'apercevoir qu'il s'agit de marionnettes. Plus tard, les corps des artistes se détachent de ceux des créatures qu'ils incarnent, quatre hommes et deux femmes aux démarches bizarres, aux habits criards, leur assemblage a quelque chose de dissonant, d'autant qu'ils se découpent sur un décor hyper géométrique de carrés et de rectangles. Le spectacle tient de la danse, du cirque et de la magie : sauts, acrobaties, manipulations, disparitions. Les idées sont très nombreuses : comment mettre une femme dans une boîte, comment tenter de faire tenir tous les personnages dans le cadre, comment s'asseoir sans tomber, comment tenir debout quand la maison tourne ? La maison tournante est l'outil principal et merveilleux de ce décor, quatre cases montées sur une grande roue, pourvues de meubles, de portes, de passages secrets, une sorte d'immense machine à laver où les personnages seront secoués, accrochés, mixés... Si le spectacle a une vraie exubérance, une jubilation physique, il est aussi très très décousu, flottant, faisant traîner les scènes, mettant les petites idées et les beaux moments au même niveau, noyant parfois sa créativité. Disons-le, on s'est ennuyés. Comme si les créateurs n'avaient pas laissé décanter assez les idées, n'avaient pas assez construit l'univers et les personnages. Je me dis que revoir ce show un an après sa création serait sans doute excellent, quand les parties molles en auront été retirées et que ressortiront les merveilles qu'il contient. Car il y a des merveilles, c'est ce que j'en retiens finalement, des compositions graphiques étonnantes, mêlant incongruité des corps et géométrie des décors. La maison inquiète, la fille suspendue jetant des ombres sur le mur du fond, le gourou sur son plan incliné, les barres arrachant les personnages au sol, le majordome pédalant dans le vide... Il y a dans leur humour déglingué et dérangeant quelque chose des collages improbables de Plonk & Replonk. Une forme d'humour suisse ? Une production Zimmerman & de Perrot.Voir mes autres chroniques ici : http://lependu.blogspot.com/ PHOTO (c) MARIO DEL CURTO
Voici enfin les trois minis courts-métrages tant attendus du stage vidéo manga, librement inspirés du spectacle Quartier lointain mis en scène par Dorian Rossel.
13 jeunes se sont retrouvés du 3 au 6 janvier pour penser, créer, écrire, adapter, remodeler, jouer, monter trois petites histoires toutes aussi épatantes et ingénieuses les unes que les autres.
Au départ, il y a eu les souvenirs de la pièce qu’ils ont eu l’occasion de découvrir ensemble avant les fêtes de Noël. Puis petit à petit, ces jeunes sont sans aucun complexe, passes du rôle de spectateur à celui de créateur.
C’est en seulement 3 jours, qu’ils ont pu, par petits groupes, inventer un scénario, élaborer des ambiances, utiliser des bouts de décors, concevoir leur propre costume, dessiner un story-board…
Le but ? Tout mettre en œuvre pour laisser place et nourrir un maximum leur imaginaire.
C’est après seulement 3 jours, que ces jeunes on eu assez de matière pour réserver leur dernière journée au tournage ainsi qu’à l’enregistrement des voix off.
Un petit tour en salle de montage et de postproduction, incroyable mais vrai, le résultat est là :
Ha, quoi penser... Hans was Heiri...
Rien à redire sur leur prestation: leur corps envahissaient l'intégrité de la scène, de long en large, perché à dix mètre de haut, roulant, tournant, se malaxant au son de la musique et aux objets environnants. La légèreté du geste était telle qu'on se demandait finalement s'il y avait oui ou non de la gravité sur place. Tout était sens dessus dessous, comme nous l'a bien fait comprendre ce bloc architectural tournant, axe majeur du spectacle. De plus, les comédiens émanaient une dose d'énergie et de comique d'une sincérité remarquable !
Mais hélas, rien de plus. De la performance pure. Malgré ce respect mérité, je n'ai ressenti aucunes émotions fortes, aucuns états d'âmes qui m'attrapa le cœur tel un grappin. J'y ai pourtant cherché quelque chose, un brin de sentiment, une once de point d'attache aux évènements. Mais l'unique carburant du spectacle n'était que l'accomplissement du geste. Peut-être qu'un fil conducteur mieux cousu aurait pu nous aider d'avantage à naviguer dans cet univers, très fascinant aux premiers abords.
Ou bien c'est moi qui suis passé à côté de la plaque. J'aurais surement dû me mettre dans leur optique abstraite dès le départ, la déception se serait transformé alors en une réelle surprise.
Alors étonné ? Déçu ? Je ne sais que penser. Je dirais que mon admiration envers les comédiens égale la frustration que j'ai ressenti à la sortie de la salle.
Mais patience. Un énorme travail a été fourni, et ce n'est encore que la point de l'iceberg que l'on aperçoit...
Malvin
« Hans was Heiri », c’est une composition magistralement orchestrée, réglée au millimètre près, où s’entremêle l’extase et le frisson, un numéro d’équilibriste qui joue avec le fil de la vie, une hallucinante démonstration de la maîtrise scénique, promesse d’un regard nouveau et enthousiasmant sur le théâtre. Think out of the box. Tel aurait pu être le mot d’ordre donné aux esprits fous qui ont conçu le spectacle « Hans was Heiri ». Des boîtes ? La scène en est pleine. Carrés et rectangles tourbillonnants dans les airs auxquels les artistes, tour à tour comédiens, danseurs et acrobates se raccrochent. Ces cadres, ce sont les carcans dans lesquels la société tente désespérément de nous enfermer ; nous, petits papillons cloués sur un panneau de liège, qu’elle peut ensuite étudier à loisir. Mais ces boîtes sans fond, ce sont aussi les issues par lesquelles on tente d’échapper à ce monde qui tourne à l’envers… Un monde qui tourne à l’envers. Un peu comme ce concept, bizarre à première vue, dans lequel le spectacle nous plonge. Car avant tout, c’est quoi, l’histoire ? Il n’y a pas d’histoire. C’est un rêve. C’est un rêve de gosse où une maison de poupée géante tourne, brassant et essorant les personnages comme s’ils avaient été placés au cœur d’une machine à laver. Parfois, il est vrai que les idées folles dépassent l’esprit du spectateur, qui aurait besoin d’une structure, peut être d’un fil conducteur, quelque chose d’un peu plus tangible pour suivre les comédiens dans leur merveilleux voyage. Heureusement, lui aussi, il a sa petite boîte. Une boîte pleine de souvenirs, de fantasmes, de phobies et d’espoirs. Une petite boîte pleine de vie à travers de laquelle il interprète ce que Zimmermann et de Perrot lui offrent. Alors, une fois que les lumières se rallument, chacun regarde la personne à côté de lui. Les regards sont parfois hagards, souvent brillants. Et chacun raconte un spectacle, si semblable et si différent de celui de son voisin, car chacun l’a regardé au travers du prisme de sa propre vie. Il en a retenu un sens, un sens qui correspond à la forme de sa petite boîte : L’un y verra une critique de la religion ; l’autre une allégorie de la famille ; un autre encore n’aura eu d’yeux que pour la prouesse artistique, et n’aura pu s’empêcher de retrouver chez une muse à la chevelure flamboyante, éclairée par une lumière crue lorsqu’elle voltige dans le ciel, la Satine de Moulin Rouge… Alors venez-vous faire votre propre idée. Apportez vos doutes et vos espoirs et regardez ce spectacle au travers de votre propre cadre. Même si ce spectacle là, bien malin qui pourra le mettre dans une boîte.
En parallèle à la programmation de Quartier lointain, le théâtre Vidy-Lausanne avec la collaboration d’Isabelle Baudet a commencé cette nouvelle année sur les chapeaux de roue ! Durant 4 jours, à l’occasion d’un stage vidéo, une quinzaine d’adolescents se sont retrouvés plongés dans l’univers du manga japonais. Tels de vrais professionnels, chacun d’entre-eux on eu l’occasion de créer un bout d’histoire, d’interpréter un personnage et de jouer face à la caméra. Le résultat promet d’être étonnant! En avant première les photos!
Créer un spectacle, c'est une chose. On est alors maître de faire ce que l'on veut.
Reprendre un spectacle, c'en est une autre. Surtout à partir d'un manga.
Je vais essayer cette fois de faire court. Non par flemme, mais parfois il suffit simplement de dire le nécessaire et de ne pas partir dans un trip abstrait sur la métaphysique de la pièce.Quartier Lointain a procédé ainsi. Manga de plusieurs centaines de pages de Maître Taniguchi, cela fut un réel défi de mettre sur scène cette oeuvre. Le résultat final est, comment dire... une vraie réussite, et plus encore ! Metteur en scène et acteurs ont accompli ici une belle prouesse.
Un style épuré, des dialogues précis, des silences indispensables et une coordination comme on en voit pas tous les jours: Voila le cocktail explosif! Garnis d'un bon verre de saké.Nous spectateurs étions entrainés dans cette histoire de retour en enfance, redevenions tel que nous étions, mais cette fois avec des yeux d'adultes.Le comédien nous mène dans une réelle découverte des vrais valeurs. Son voyage est le nôtre, ses pensées notre point d'attache. Et c'est avec cette simplicité enfantine qu'ils réussissent à toucher nos sentiments les plus profonds.
Une nouvelle fois la beauté du Japon m'emmène très loin, au-delà des frontières du visible. Drôle, touchant et surtout vrai, le théâtre de Vidy a un talent tout particulier pour trouver des perles telle que ce spectacle.
Malvin
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