Moments flottants
Une scène noire, un DJ arrange des bruits de foule, des nappes, de la musique symphonique. Des tiges des balsa dessinent portes et fenêtres. La lumière vient, des personnages se mettent à danser, mais certains n'ont ni bras, ni tête, on met du temps à s'apercevoir qu'il s'agit de marionnettes. Plus tard, les corps des artistes se détachent de ceux des créatures qu'ils incarnent, quatre hommes et deux femmes aux démarches bizarres, aux habits criards, leur assemblage a quelque chose de dissonant, d'autant qu'ils se découpent sur un décor hyper géométrique de carrés et de rectangles. Le spectacle tient de la danse, du cirque et de la magie : sauts, acrobaties, manipulations, disparitions. Les idées sont très nombreuses : comment mettre une femme dans une boîte, comment tenter de faire tenir tous les personnages dans le cadre, comment s'asseoir sans tomber, comment tenir debout quand la maison tourne ? La maison tournante est l'outil principal et merveilleux de ce décor, quatre cases montées sur une grande roue, pourvues de meubles, de portes, de passages secrets, une sorte d'immense machine à laver où les personnages seront secoués, accrochés, mixés... Si le spectacle a une vraie exubérance, une jubilation physique, il est aussi très très décousu, flottant, faisant traîner les scènes, mettant les petites idées et les beaux moments au même niveau, noyant parfois sa créativité. Disons-le, on s'est ennuyés. Comme si les créateurs n'avaient pas laissé décanter assez les idées, n'avaient pas assez construit l'univers et les personnages. Je me dis que revoir ce show un an après sa création serait sans doute excellent, quand les parties molles en auront été retirées et que ressortiront les merveilles qu'il contient. Car il y a des merveilles, c'est ce que j'en retiens finalement, des compositions graphiques étonnantes, mêlant incongruité des corps et géométrie des décors. La maison inquiète, la fille suspendue jetant des ombres sur le mur du fond, le gourou sur son plan incliné, les barres arrachant les personnages au sol, le majordome pédalant dans le vide... Il y a dans leur humour déglingué et dérangeant quelque chose des collages improbables de Plonk & Replonk. Une forme d'humour suisse ? Une production Zimmerman & de Perrot.Voir mes autres chroniques ici : http://lependu.blogspot.com/ PHOTO (c) MARIO DEL CURTO
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